Portraits sonores et poétiques I Contactez nous

ANNE-MARIE

Présentation

Dessin d'Alice

Le TEXTE

Mon oncle, le grand frère de mon père et sa femme étaient des personnes
géniales. Ils m’emmenaient partout. Chaque fois qu’ils allaient chez mon
grand-père, celui-ci me disait « Anna, tu veux bien me laver les pieds ? »

Je le faisais, j’adorais mon grand-père. Il m’a inspiré mon travail par la suite,
c’est grâce à lui que j’aime aider les personnes. Auxiliaire de vie.
Au début de la rencontre avec celui qui est devenu mon mari par la suite,
nous avons pris la mobylette, nous sommes allés au lac de Bédanne avec les
copains et les copines. Une journée très agréable. Rires. Chants. Baignade.
Jusqu’au soir. Nous sommes tous rentrés ensemble et nous avons fini la
soirée en face de l’immeuble où mes parents habitaient. Nous dormions tous
à la belle étoile, et mon mari a choisi une étoile, il disait que c’était la nôtre.
Une semaine aussi que je n’oublierai jamais : Les vacances au Crotoy.
Dormir dans la voiture, face à la mer.
Depuis son décès, tous les soirs à 21h je me mets sur mon balcon et je
regarde cette étoile qui scintille et brille, elle me réchauffe le cœur et je
parle à mon mari.
J’ai eu la joie avec mes 5 enfants et beaucoup de partage.

Merci  mes enfants. Ils sont ma joie de vivre avec mes petits-enfants.
Je me souviens d’une journée extraordinaire pour la fête des mamans, un
dimanche surprise merveilleux. Pour dire, ça ne sert à rien d’acheter des
cadeaux, le plus simple et le plus agréable c’est quand les enfants vous
prennent dans leurs bras et vous disent « je t’aime ».
Grande joie aussi dans mon travail avec celles et ceux que je soignais. Il y
avait toujours des rires.
Mais arrivée à 52 ans, j’étais libre, j’ai fait ma jeunesse et adolescence
seule, avec sagesse. Je sortais, je rencontrais des personnes, j’avais la tête
sur les épaules, à ce moment-là ma vie a commencé. Je ne regrette pas ma
vie, mais à 52 ans je suis mûre, je suis moi-même.
Vive la retraite !
Soleil chaud, mer bleu turquoise, sable très fin, sur les côtés beaucoup de
feuillages et arbres très verts. Je me promène sur ce sable qui me touche la
peau. Je me sens très légère, j’avance encore mes pieds pour toucher les
vagues, j’avance encore jusqu’aux genoux, mon corps se sent apaisé. Je suis
encore dans mon voyage.
Prends soin de toi et fais ce que tu as envie.